Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 13:46

59 Je me rattache à ce qu’engendra Abraham avec Sarah. Leur âge est celui de la patience d’aimer.

 

Ce qui est dur dans la gestion du silence, ce n'est pas ce vide, cette fiancée du désert - désert que nous sommes devenus - mais le 'tant" qui lui précéda.

 

Sur les pavés l’image, la peau sur les fortunes, moquette imbibée de champagne rosé vodka,  enterrement ad vitam de la vie de garçon sur fond rock et crinolines de violons. C’est la vie, garçon, qu’on y enterre, non la vie de garçon.

 

L’imparfait est la matière brute du silence.

 

Un engagement, c’est ce truc qu’on fait soit à quinze ans par insouciance quand on rentre en résistance contre les nazis ? À 20 ans quand on est une femme de tradition qui se marie par erreur, sans avoir vécu d’adolescence ? À cinquante ans parce que chaque année compte double et que le temps est assassin ?

 

On passe du stade de « sprinter de charme » à « écrivain de fond » par amour et expérience…

.

[…] les promeneurs « canins », ceux qui ont laissé leur femme au lit, de l’autre côté de leur double matelas, grands buveurs d’amertume jusqu’à la lie, frustrés, remplaçant les câlins par les canins, les canines par les babines, le désir sacré par son chariot de cadeaux sans faim, offrandes à la Vierge, ex-reine de la nuit[…]

 

Comment pouvait-on rester un quart d’heure devant deux tranches de pain de mie enveloppée de béchamel ? [Et moi, à fixer parfois une journée ou une nuit entière l’écran d’un portable, n’est-ce pas tout aussi absurde ?]

 

Nous nous aimons cachés, aimons nous cacher.

 

Nos grands-pères et pères étaient des "mensch", des hommes, une humanité républicaine sans souplesse, droite, une installation dans l'appartement familial plus proche du salon et des jardins que de la cuisine.

 

Nous dansons en  permanence la valse des hésitations.

 

La rupture est une malbouffe, une malbaise à consommer vite fait, une erreur de sens, une improbabilité, une contre-vérité, une erreur chronologique, une absurdité historique de théorichiens

 

Les hommes sont de grands enfants, puis soudain deviennent vieux. 

 

Les tabous brûlent au bas du lit et, nous les regarderons se consumer devant nos sourires ébahis ; plus nous avançons, face au vent plus ils tombent, tels nos vêtements, plus ils se plient à ce que nous avons choisis d'être, deux points de suspension, ensemble.

 

Les femmes se réfugient dans des rêveries qu'elles appellent leurs "théâtres privés" sans que nul ne soupçonne leurs absences.

 

Celui qui n'a jamais menti, trahi, aimé d’une façon ou d’une autre, volé, frappé, ne sait pas ce qu'est la foi, l'espérance, l'autre, ses yeux, son cristallin, prendre un visage à deux mains et défier la violence avec laquelle il naquit.

 

[…] pauvres rebelles que nous sommes, mangeurs d'occident et de croque-monsieur élastiques, nous ne bougeâmes pas de notre banc, partis à la chasse au serpent monétaire sans le savoir[…]

 

Sois le « différent », pas l’indifférent.

 

Oedipe est droit, et la libido, courbes animales. A toi de jouer mec. Oedipe est avec toi, Antigone avec les filles, balle au milieu, cages à l'ouest et lit-bataille.

 

L'amant a le parfum et la chaleur. Il ne sent pour autant le brûlé.

 

Il était le locataire de sa femme intérieure  avec un bail reconductible au jour le jour, silence après silence.

 

Seul aimer rare aux hommes

 

Il ya une beauté réelle a puisé dans ses réserves tel le marathonien. Comme leur nom l’indique, elles sont réservées. A quoi, à qui ? Physiques ou mentales ? Disparition du décor, de l’environnement, des enfants, du peuple familier, urbain ou rural et des tourments. Au bout du trente-septième kilomètre quand les acides prennent le pas sur le corps, le saturent et l’asphyxient, seule la volonté offre les solutions essentielles de l’existence.

 

Avant, il y avait un âge d’or où le bonheur était l’étage qui venait au-dessus de la vie comme une quête, le désir en frontière supérieure des besoins. Aujourd’hui, il y a la survie et au-dessus la simple espérance du combat pour la vie. Simplement avoir la force de se battre ? Déjà, trouver la force.

 

La course, celle du « moi-seul qui s’approprie l’espace, le capte, s’en empreigne, filmée par un rythme cardio-vasculaire planifié » ne fait pas du marathonien un solitaire négationniste mais lui apporte la solitude bienveillante, hors du règne animal de la cité et de la forêt, hors les « gagne-terrains » des sports collectifs animés par des belligérants idolâtres. Cette solitude est le bienfait de la civilisation sensée, le patrimoine psychique du bonheur, qui commence à six heures du matin quand le soleil se lève, que les gestes aussi simples que d’enfiler des chaussures de sports les paupières à peine ouvertes, que de nouer ses lacets que de se contenter de deux verres d’eau deviennent des rituels de sagesse, cette sagesse qui lie le corps et l’esprit à tant de questions. Courir, parcourir le chemin des pourquoi et des réponses comme un chemin du possible, civilisant, affirmant que la facilité est incompatible avec le bonheur.

 

Courir n’est pas « se foutre de tout », c’est se relier à soi. Courir n’est pas fuir. Fuir, c’est ouvrir la porte aux névroses. Ici, rien n’y prédispose. On y trouve parfois, outre la récompense de l’effort, la propagation des hormones dites « du bonheur ».

 

La fuite est le paradis des névroses.

CONTRATS

 

Par Aaron Zolty - Communauté : le texte voyageur
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Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 13:12
Je n'ai pas pour habitude de stigmatiser un homme sous prétexte qu'il pensa différemment de moi. Bien au contraire, sa différence m'enrichit, mais jusqu'à un certain point de connerie. Je m'en tiendrai donc à l'idée, au concept - tout en craignant qu'il n'en soit pas un - qui met en ébullition affective ma maman telles les années noires de son enfance étoilée de jaune pleine poitrine avec les voisines "croix de feu" qui veillent à ce qu'elle ne l'oublie pas sur le moindre de ses vêtements, de la fenêtre de leur rez de chaussée, mirador de la conscience Vichyssoise.
Plus habitué à la psychanalyse propre aux personnages que je m'approprie dans mes romans, alors que je définissais un personnage "raisonnable" et un autre "volontaire", j'ai repensé à ma mère ce soir de Noël, blême devant les propos et la recherche participative du peuple sur "l'identité nationale". Quelque chose de l'ordre de l'inconscient propre à sa douleur d'enfant vint dégueuler sur la table.
"Un jour ils nous demanderont de porter nos postes de radios, ensuite, on nous dira que ceci ne concerne que les français d'origine africaine, puis les français d'origine maghrébine, puis les femmes portant foulards." Quand interdira-ton sous un prétexte laïco revanchard colonialiste l'achat des foulards (je n'ai pas parler du port). Elle avait le mauvais goût des "autres" dans la bouche. Sur le coup, moi l'auteur d'auto fictions, je n'y prêtais pas plus attention que ça, ayant évacué une culpabilité propre aux enfants de déportés à coups d'analyses psychanalytiques, et ne voulant pas alimenter, même en accord avec elle, un moindre débat qui, sans conscience politique, sans dialogue démocratique grecque, n'aurait pu me satisfaire.
Oui, l'identité nationale est un concept proche de l'état d'armes, un état violent projeté par les politologues, les politiques aussi de façon fantasmatiques, mais la réalité dans la forme des "finalités" proposées ne favorisent que son engeance.
Il serait plus dans l'esprit de la politique démocratique libérale de parler de "projet national de l'identité" et non "d'identité nationale". Qu'après tout, un état démocratique ait une vision nationale de l'identité qui mettrait en exergue la variété des personnalités, des cultes et origines, en cherchant une forme de fédération transversaleà la façon anglaise, ou américaine ne choquerait pas ma mère ni son fils. Mais transformer un projet, un chemin, une vision sociale en finalité... nous touchons à la violence, à la schizophrénie. Nous passons de la mythologie mettant en avant scène des personnages dans des situations de paradoxe maximal pour que le peuple "élitiste" certes, se fasse une idée de son destin. ici, il s'agit d'un moyen, à la mythomanie.Autrement dit, la fiction, une idée de l'Histoire qui devient "finie", sans notion d'espaces et de temps, de dialogue, de proposition, ce que finalement, même un romancier n'oserait pas.
Ainsi l'identité nationale comme finalité, soumise à la vox populi, ne pouvait que faire remonter à maman des frayeurs fondées sur une méconnaissance de l'histoire, lui rappelant le lien entre "social et nazi". L'identité nationale est une finalité et en tant que telle, psychologiquement et politiquement extrémistes, névropathes, non politiques car du domaine d'une définition finalisée, non d'un projet national (et non nationaliste) de l'identité. La fin ne doit, plus jamais, justifier les moyens, au moins dans les questions politiques et sociales.
Alors oui, Pascal Aharon Szulc pose sa plume trempée dans le réel de la vie et des décisions sentimentales pour demander, que dans le libéralisme qui est la source de la liberté, que dans la politique, celle issue de la Grèce antique aux mythes fondateurs offrant au peuple une conscience, un projet, on se soucie du destin de chacun sans finalité chaotique, de celle qui engendre la violence et non la connaissance de l'histoire, la mémoire, donc l'évolution des consciences et le progrès.
Nous devons aller vers la "co-essence"... le problème, est que le spécialiste ne fait appel au bon sens (pas la logique) qu'en dernier recours, face à la violence, seule projetée, transformant les pourquoi en comment.

Pascal Aharon Szulc
Par Aaron Zolty - Communauté : le texte voyageur
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Dimanche 27 décembre 2009 7 27 /12 /2009 12:11
Baisers de tous mes défauts
dont mes côtes me parlent encore
suer son littoral émacié
douceur d'olive musicienne
je m'assois dans la bibliothèque
aux livres décadents
au bout de cinq décades
Viendrait elle sur moi
enfoncer ses hanches
balancer ses fesses
sans besoin de Sade
ni de Sacs, ni d'Hermès
sans sac et sans reproche
juste pour que sous mes yeux
son ventre m'enveloppe
Machiavel s'épelle
avec orgueil et volumétrie
en écoutant Bach
en fuguant sous ton pull
en griffant la moisson
en tirant des sillons
jusqu'aux racines de ton encolure
suçant tes seins
attendant la saison des cris
décrits par stupeur
dans l'orage vert
trembleur et sans terre
la pluie à ton odeur
parfois le soleil
Sentir le mur égratigné
mes mains alors que je tiens
tes reins, tes épaules en appui
sur des tranches dorées
de reliures exposées.
Libre comme liber
livre comme l'hiver
sous la véranda close
où je mords à pleines dents
chemises arthrose et souffle
je cavale entre tes lèvres
j'y sentirai même le néant
capable d'une bandaison
serpent,
sur la tiédeur
de tes cuisses détachées
j'apposerai des notes
de lecture et d'écriture
faites de salive et de morsures
jusqu'au sang déchu
de ses lippes charnues
d'une Tunisie blanche
Abreuve-moi à ton puits
puis, le souffle.
Rien ne rompt jusqu'à jouir
de chaque texture
plus loin que toute blessure
puis, le souffle;
le souffle près du puits
genouillé sur des livres
le dos droit, à mordre haleine.
Tu sais. Tu. Le souffle.
je me livre, je me libre.
La couronne est en ronces
une once onctueuse s'échappe
du soyeux fruit - vénus
Ton lit est culte
et mon désir fantasque
Nudité de tout dans le temple
Luxe un peu froid
les raies percent l'ogive
mes doigts passe - vagues
sur tes rives - s'attardent
forment une rosace profane
devant Saba,
manche de chair au parfum d'encensoir
myrte et groseille,
diabolo sel,
ongles fumoir
Chaleur des lèvres
Belle en saigneur
La couronne est de ronces
La cour est en fête
Je chevauche tes nuits
sur l'épanoui drapé
fantasme verni
sous la croix il y a un lit
le lit est croix,
je le suis aussi
Baise mon front
accroupie baptiste
femme - liquide au
royaume du milieu orgueil
l'orgue joue poings contrepoints
le plafond m'aspire
croisée d'empires
Onde, sainte ou vice perdu
lèche mon front,
chauffe ma poitrine,
de ton ventre-migration
frôle ma hampe
fais en un psaume
une bible occulte
une huile à lampe
bois ma salive
comme on ne bénit pas.

Tendre vers où
Vers qui
Tout.
Par Aaron Zolty - Communauté : vos plus beaux poèmes d'amour
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Vendredi 25 décembre 2009 5 25 /12 /2009 19:50

00b2e8c1.jpgAharon se relit, sent la bouche de Vanessa se poser sur la sienne, ce dimanche de crêpes au chocolat, hésite quelques instants sur l’utilisation du « je ». Mais après tout, ce poisson, unique signe symbolique du zodiac, vient de mettre pied sur Terre, la tête haute dans la direction de sa bien aimée, plus proche du système solaire que de l’aventure astrologique. Il se doit visible, lisible et sensible dans le regard de sa lectrice préférée. Il abandonne Janus et ses saturnales, sacrifiera au moment opportun les adoratrices du veau d’or internet, reverra sa copie du sacrifice. Elle le vaut bien.

[A nouveau des larmes Comme quoi on n’échappe pas à la réalité de l’amour Vraiment Journée normale.]

« La vie va. La mort vient. »,  Tel était le pouvoir de Jupiter. Aharon écoute Offenbach sur une radio classique pour la première fois de sa vie. Il passe l’après-midi à écrire en buvant du thé et en écoutant la Belle Hélène. L’opéra Bouffe est loin d’être dans ses habitudes, mais il n’y a jamais de jugement a fortiori chez lui. Il avait appris par la composition, à quel point les valses de Johann Strauss et la qualité lyrique des Opéras de Jacques Offenbach n’avaient de populaire que leur succès, succès qu’il se souhaitait à lui-même.

Sa soirée est d’une simplicité exemplaire, ses troubles dépressifs légers accompagnant magistralement un ascétisme romantique. De son balcon, il observe quelques instants les femmes de ménage des appartements voisins dans le halot des halogènes, ces repasseuses émérites de longues heures durant. Elles ne craignent pas le froid face à l’ouverture des fenêtres, dans leur blouse blanche. La douceur de leur hâle mauricien, la vapeur des fers, l’encadrement de pierres blanches légèrement moussues, le lyrisme de Pâris et Hélène, l’odeur de jasmin et de vanille sur les murs frais du salon lui offrent une ambiance digne d’un tableau d’Edouard Manet, une récompense impressionniste.

[Je t’imagine bien en danseuse à tutu dans un tableau de Degas ou alors cette jeune femme en contre plongée avec une éponge sur la nuque accroupie dans un tub un pastel quasi photographique  Envie de toi chérie.]

Aharon s’allonge un instant dans sa chambre, le temps de se masturber en pensant à une étreinte avec Vanessa. Pas besoin de visiter sa bibliothèque érotique, ses images subliminales, il pense immédiatement à l’été dernier lorsqu’il la rejoignit pour un week end à Deauville.

Elle était allongée sur un transat en plastique que les plagistes louent des fortunes, des blancs avec coussins rouges. Deux verres de vin étaient posés par terre. L’herbe était parfaitement tondue. Il ne dit mot et commence par lui offrir sa langue qu’elle suce, mouille de sa salive, mimant un coït.

Pascal Aharon Szulc

Par Aaron Zolty - Communauté : vos plus beaux poèmes d'amour
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 09:09
restau.jpgIci, tous forment le départ du cortège des indépendants. Ils et elles sont tous un peu célibataires, un tantinet en couples, boivent du vin blanc et de la bière à défaut de champagne, se réveillent le midi, voguent dans Paris, appareil photo en bandoulière, compositeurs avec herbe, développent leur égo-promo sur des sites conviviaux et professionnels, prenant l’air du temps, l’air de la nuit surtout. Ils pensent être « indés », mais à force de l’être tous, ils deviennent dépendants les uns des autres, avec leurs mots, reproduisant avec goût souvent, le quartier latin de Juliette Gréco et Daniel Gélin, des années cinquante. Les inviteraient-ils à dîner s’il s’installait un jour avec son âme ?
Le concert bat son plein, son plein de peuple adorateur. Elle le mérite bien cette « Mi-princesse » ci. Le talent elle l’a, le concert est superbe d’authenticité et de tremblements atmosféériques. Le « Je t’aime » fait son effet, les larmes sont chaudes sur son visage. Il cherche à partir à l’anglaise une fois le titre envoyé, déboussolé comme il s’y attendait mais pas ivre. Une accolade à Alain, Laurent et sa sœur, quelques mots fraternels, le lendemain elle s’envole pour ses chères études à NYC, il s’enveloppe dans son cuir noir, hèle un taxi. Il s’entend dire « Place Victor Hugo s’il vous plait », s’étonne, ne revient pas sur sa décision intuitive. Il passe devant tous les magasins de chaussures de sports de l’avenue et pense aux week end avec Eva. Combien de pairs de chaussures de marque a-t-il acheté pour son bébé, ici, finissant en amoureux dans un restaurant de la rue de Charonne, avant de la coucher, de lui gratter le dos pour qu’elle s’endorme en paix ? Le taxi le laisse à la station, deux heures du matin. Il s’assoit sous l’abri. Attend-t-il une révélation ? Il sent la nécessité de parler à haute voix. Pas une âme sur la place, une guirlande clignote sur un balcon au-dessus de branchages: le toit d’une cabane d’enfants, on célèbre Souccot, la fête des tabernacles et des tentes qui abritèrent les juifs dans le désert durant l’exode. Enfant, il adorait cette fête qui se terminait par une pluie de bonbons dans les allées de la synagogue. Aujourd’hui, il en terminait avec la tente du désert. L’’abri d’Aharon était transparent, encadré par des publicités pour parfums de luxe féminins. Il parcourt des yeux le rond point, les fontaines ne coulent plus ; son « Ne t’inquiète pas je vais mal » de l’après-midi le fait sourire. Il invente un Chema Israël des plus personnels.
« Ecoute mon amour mon amour est un sinon pourquoi
des romans j'en ai commencé quelques uns j’ai toujours fui en chemin un seul verbe "être" au cœur de ce silence un seul pronom si personnel qu'après avoir senti la déchéance de l'ange trois semaines me permettent d'être enfin conscient parce que je suis père parce que depuis douze ans mes enfants me manquent parce que depuis douze ans seule la séduction me permettait d'être soit un bateau ivre soit un coureur de vitesse jamais un coureur de fond parce que depuis douze ans dès que le "solide" faisait surface je le refusais pour cause d'absence pour cause de « putain de week end » sur deux ainsi je devins chercheur de divorcées éplorées douze ans de ruptures de mon équilibre profond douze ans de fuite et mes enfants dans mon "chez moi" avec un autre que moi douze ans d'errance et de rebonds, faussement légers douze ans, à ne plus leur donner quotidiennement le bain douze ans de souffrance intense où je me cachais derrière le brio intempestif de mon arrogance douze ans de petites morts et de renaissances ce soir place Victor Hugo je sais d'où je souffre de l'enlèvement de mes deux chérubins moi le "médecin des gosses des autres". Je sais à qui je dois d'avoir pu retrouver cette identité entière d’Homme d’Amant et de père-tout résonne tout raisonne place Victor Hugo voici poindre l’illumination religieuse de l’aube je ne verrai plus jamais à tâtons-à coups de clin d'œil-de lunettes noires et de nuits blanches je suis ton père Sacha je suis ton Père Eva tu m'as fait homme Toi Vanessa ainsi, sur une table de campagne parfaitement nettoyée, je garde une miette de pain grillé qui me nourrira plus qu'aucun repas mon amour est un sinon Pourquoi ne t'inquiète pas, chérie je vais bien.. »

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