[Un brin de philosophie est un préliminaire, le contraire est vrai, également. Mon pseudonyme n’en est pas un. Aaron, mon bien aimé patronyme est celui de mon père. « Est »…Comme ce présent
est doux à ma bouche. Sait-on le temps nécessaire qu’il faut à un enfant pour laisser partir son père reposer auprès des ancêtres ? Je le sais. Aussi, suis-je béni de ce prénom, Aaron. Béni et
pénétré de ses verbes. Créer, élever, dépasser, habiller, habiller avec chic, se taire, aimer, aimer être, être aimé, désirer, protéger, prolonger, libérer. Je peux enfin signer tout « vivre »
comme on signe un livre et conjuguer d’un futur simple « Tu seras », épouser mes convictions, danser avec elles, comme on danse avec la Torah et faire le gain de moi-même. Moi, Pascal Aaron
Szulc, fils d’Henri Aaron Szulc.
Je suis un morceau de vase brisé. J’ai le bonheur de savoir qui, précieusement, possède l’autre éclat dans sa paume, la gauche, celle qu’elle met sous sa joue le soir pour s’endormir avant que je
ne l’embrasse. Oui, j’ai fait le gain de moi-même, j’ai dénoué et renoué avec le verbe « être ». Je me suis posé dans le réel, appris à lire les plaques minéralogiques des austin cooper plus vite
que quiconque, aimer les mercédes, Lacan et Barthes, les hassidiques, vouloir acheté de grands appartements, délivrer les sourires des enfants, j’ai senti l’envie d’être père à nouveau, le mot «
heureux » plus que le bonheur totalisant, les doutes qui réveillent et donnent au matin la joie des retrouvailles non des dénouements, des renouements, le goût de la vie quotidienne rendue
magique par les rituels aimants, accepter la magie, les pansements, penser sans renoncement, travailler à l’amélioration morale et sociale de ma propre humanité, tous les voyages. Voici venir les
silences proches du futur. Tu seras donc tu es. Je suis le silence comme je suis tous les mots, tous les symboles et les signes. Je ne dirai plus « Je veux ton bonheur ». Qui suis-je pour vouloir
? Mais, être, simplement, dignement, être, se reconnaître, se « naître » l’un l’autre. Et en avoir le regard, la puissance, le travail ! Que les mots vivent pour ce qu’ils sont, intransigeants,
belles langues, créateurs, mais jamais possessifs. Je ne veux pas ton bonheur, mais que tu sois. Mon âmour, tu seras.
La dictature n’est pas le dialogue. Je veux être digne, désiré, désirer, droit, sensuel, songeur, drôle, des épaules, des ailes, mes mains, les tiennes, proche des nôtres, l’amant, et que chaque
signe soit le témoignage du bien être du feu, de sa lumière,de son désir, de ses fantasmes, de sa protection, et, dans ce monde brutal, nous
le gardions allumer, vivant, librement confiant.
Je m’avance. Voici le second roman. Ce qui précède, ici, est un pont. La fin du premier film. Sur mes omoplates poussent deux ailes. Je sais, pour se coucher
ce n’est pas facile, mais pour s’envoler, c’est mieux, puis atterrir, partout où les éclats redonneront la lumière de la vie, la nourriture des corps et des esprits, l’éducation des enfants. Le
chemin, le chemains.
Ce matin, je pliais un t shirt marron .Z & V au sortir de la sécheuse. Son parfum, ah, son parfum… j’ai senti mes ailes se déplier, de
ses ailes qui, enfin, permettent de passer les montagnes .Comprendre, c’est « prendre avec », aimer tel qu’elle, en mouvement, dansante. Seul aimer rare aux hommes !] Je
t'aime